La légende du Kava Kava

La légende du Kava Kava

Le moai kavakava est l’une des figures les plus caractéristiques de l’artisanat rapa nui.

Autrefois sculpté dans du bois de Toromiro, arbre presque éteint, d’autres types de bois sont actuellement utilisés, comme le Miro, bois de rose d’Océanie (Thespesia populnea).

Moaï Kavakava (détail)
Moaï Kava Kava (© Eric Picard / Oviry)

Le nom mo’ai kavakava est formé de mo’ai pour les figures humaines monolithiques monumentales trouvées sur l’île de Pâques, et le mot kavakava qui signifie côtes.

Cette figure est souvent masculine, squelettique, au ventre creux et aux côtes saillantes.
Le tronc est long et les membres courts avec de petits pieds.
Le visage est acéré, avec des joues minces et un profil aquilin et se termine généralement par une petite barbe.
Il a des oreilles longues et pointues et ses yeux sont très ouverts, avec expression d’horreur. Les yeux sont souvent en os (vertèbres de requin) et en obsidienne.
Certains ont de hauts reliefs sur le crâne, d’autres ont une sorte de casque ou chapeau, et apparaissent parfois ornés de cheveux humains.

Grand Moaï Kavakava (profil détail)
Moaï Kava Kava (© Eric Picard / Oviry)

Il existe également des représentations similaires du genre féminin mais elles sont plus rares.
Bien que leur apparence soit similaire, elles ne présentent généralement pas de côtes saillantes, sont plates, ont une poitrine pendante et sont presque dépourvues de courbes.
Elles ont l’air assez masculines car elles sont clairsemées, chauves et même avec de petites barbes. Ces femelles sont appelées Moai Papa’a.

Moaï Kava Kava (© EP)

On en sait peu sur le contexte culturel de ces personnages, bien qu’ils soient généralement considérés comme des représentations d’ancêtres ou de démons affamés . Ces statutettes étaient vraisemblablement portées autour du cou des hommes qui participaient aux danses rituelles lors de cérémonies publiques.

Ces figures sont une représentation frappante des aku aku ou des esprits d’un autre monde.

Grand Moaï Kavakava (dessus tête)
Moaï Kava Kava (© Eric Picard / Oviry)


On dit que lorsqu’une personne brise un tabou (« tapu » en polynésien), norme sacrée, après la mort, son âme se transforme en Aku-Aku et erre entre le monde physique et le monde spirituel.

La légende de Moai KavaKava

Une nuit, Tu’u Koihu, fils aîné de Hotu Matu’a, marchait dans Puna Pau (petit cône volcanique qui servait de carrière de l’Île de Pâques, unique source de roche volcanique rouge servant notamment à la création de pukao pour les moaï) lorsqu’il rencontra deux esprits, des Aku-Aku, endormis devant lui.

À la vue de leurs corps squelettiques et faciès grimaçants, il prit peur et choisit de s’enfuir. Seulement il les avait réveillés, et les esprits le suivirent jusqu’au village, craignant que Tu’u Koihu ne révèle aux villageois leur existence.

Les esprits restèrent durant deux jours et deux nuits. À la suite de quoi, et constatant que Tu’u Koihu gardait son secret, les Aku-Aku repartirent.

Une fois libéré des esprits, Tu’u Koihu entra dans sa hutte et tailla dans un morceau toromiro une statuette à l’image des Aku-Aku qu’il avait vu, pour s’en souvenir, et raconter son histoire…

Moaï Kavakava
Moaï Kava Kava (© Eric Picard / Oviry)

Ce fut, selon la tradition, l’origine du Moai Kava Kava que les insulaires sculptaient et suspendaient aux portes de leurs maisons, à l’intérieur, pour effrayer les mauvais esprits.

Les mythes et légendes de l’île de Pâques ont été transmis oralement par les anciens, et ont bien souvent été embellis, déformés, soit par l’imagination de celui qui les transmet, soit par celui qui les écoute. Ainsi, la reconstruction historique qui en a été faite se faufile entre réalité et fantaisie…

(Source : imaginaisladepascua.com et wikipedia)

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